L'Esprit Kaamelott

« Une réalité bien plus humaine que celle du pouvoir »

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Beaucoup me prennent pour fou avec le culte que je porte à Kaamelott. Pour eux, ce n’est jamais qu’une simple série, parmi d’autres. Même s’ils apprécient, ils se limitent à ça « Kaamelott est une série ». Pourtant, non, ce n’est pas une série comme les autres. C’est une œuvre, que son créateur et maitre, Alexandre Astier, a su au fil des saisons faire devenir ce qu’elle devait devenir. Aujourd’hui, les gens se références aux grandes séries américaines, aux séries qui marche à la télévision, grâce souvent à des budgets mirobolants. Mais combien d’entre vous connaisse le nom du scénariste de Dr Housse? Le nom du créateur de Lost? Ou encore le nom du compositeur des musiques de Dexter? La réponse est simple, seuls les purs fanatiques de ses programmes les connaissent, et ne sont donc en soit, qu’une minorité sur la totalité des gens qui les regardent.

« Mais alors, pourquoi nous dit-il tout cela, quel rapport avec Kaamelott? » Et bien, voyez-vous, quand vous regardez Kaamelott, vous avez la réponse à toutes ses questions, sans pour autant en être fan. Alexandre Astier, ça va vous parles? Parce que lui, voyez-vous, il n’est jamais que le créateur, le réalisateur, le compositeur, le monteur, le directeur artistique, le dialoguiste et l’acteur principal de cette série qui est la sienne. Alors, ne serait-ce qu’un instant je vous demande de réfléchir un peu à ce qu’est devenu Kaamelott, à la force d’un homme qui en fait ce qu’il voulait. Aujourd’hui, que cela plaise ou non, Kaamelott est de loin la meilleure série télévisée (dramatique) française. Alors à vous, téléspectateurs friands de séries américaines aux budgets colossaux, rappelez vous qu’avant l’argent, c’est le talent et la motivation qui fait la différence. Si Kaamelott est devenu ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce que Alexandre Astier l’a écrit comme il voulait l’écrire, et ne l’a pas écrit comme il fallait pour faire de l’audience ou de l’argent. Et pourtant, son succès n’en est pas moindre, et si tous les créateurs de séries travaillaient dans le même état d’esprit que lui, la télévision regagnerait en dignité.
Mais parlons un peu de Kaamelott et de son histoire, car là est le sujet principal. Si au départ Kaamelott s’est vu imposé un format apéritif par sa production, elle a fini par pousser les murs pour passés du format 3’30 au format 52′. Pour en arriver là, Alexandre a incrusté petit à petit, au fur et à mesure que la série avançait, une histoire, un fil rouge, une intrigue. Les fans n’y ont pas échappé, et c’est grâce a cela que M6 a du céder et laisser champs libres a l’histoire dans les épisodes qui passèrent tout d’abord dans le format 7′ (Première diffusion du Livre V sur M6) avant de finir dans le format de 52′ que l’on connait aujourd’hui dans les DVD du livre V et VI, et même lors de la diffusion du livre VI sur M6.
Dans Kaamelott, Astier rend humain des légendes. Il raconte le quotidien des chevaliers de la Table ronde, leur donnant un aspect plus « humain » moins légendaire et surtout bien plus caractériel que retranscrit dans la légende Arthuriene. Le livre V est d’ailleurs sur ce point le meilleur, car Astier a fait d’un homme comme Arthur, un homme comme les autres, qui s’effondre un peu plus chaque jour, courant après quelque chose que même le pouvoir ne peu lui donner. Il ramène les personnages sur terre, sans cesse, les obligeants a se souvenir que les choses « primaires » sont toujours un moment ou à un autre au dessus du pouvoir et de la légende. Je crois que c’est ça que j’aime dans ce qu’écrit et raconte Alexandre, cette réalité des choses qui nous ramène tous au même niveau.

« Moi j’ai construit une forteresse quand même. (…) Pour le Graal, j’ai battis une forteresse. Kaamelott, ça s’appelle. J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume en Calédonie, en Carmelide, à Gaune, à Vannes, au Pays de Galles. J’ai fait construire une grande table, pour que les chevaliers s’assoient, ensemble. Je l’ai voulu ronde, pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve dans un angle, ou en bout de table. C’était compliqué, alors j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal, pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler, pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je ne veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai. »
[Arthur – Le Garçon qui criait au loup – Kaamelott Livre V]

Cette citation résume bien ce courant de pensée dominant dans Kaamelott. Même dans la légende, les héros ratent des choses, et finissent toujours par retombé au plus bas. Arthur en est la parfaite illustration. Lui, un homme qui n’a pas demandé le pouvoir, et qui finit par être dépassé, car simplement découragé face a une réalité bien plus humaine que celle du pouvoir.
Monsieur Alexandre Astier, grâce à Kaamelott, vous m’avez fait rire, vous m’avez fait pleurer, et je vous en remercie. Et avant de partir, je voudrais dire à tous ceux qui me diront que jamais Kaamelott ne vaudra une grande série américaine, qu’a mes yeux au moins cette série est digne et humaine, et son créateur et ses acteurs le prouvent grâce à leur accessibilité auprès des fans. Au contraire de toutes ses usines à audience. Parce que je pense que le jour ou Dr Housse fera une tournée de Dédicace dans les FNAC françaises est encore loin d’arriver. N’oubliez pas qu’avant d’être des acteurs, des créateurs, des scénaristes, ces gens-là sont des hommes et des femmes, comme vous et moi. Parfois, eux-mêmes oublis qu’ils ne sont pas grand-chose de plus que nous. Ils devraient peut-être un jour jouer dans Kaamelott, ça les ramènerait peut-être à leur niveau. Ne croyez-vous pas?
Libre à vous d’aimer ou non cette série, mais cessé de dire que ça ne vaut pas une série américaine, parce que, au fond, elles ont le même statu! Pour reprendre un peu le titre de cet article, « Kaamelott est une série bien plus humaine que celles qui cherchent le pouvoir ». Et sachez aussi que j’aime les séries américaines (notamment certaines que j’ai citées), mais que je les regarde a leur juste valeur.

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